La méditation

13 02 24

 

Comment pratiquer la méditation ?

 

La méditation pour certain reste un mystère, une pratique réservée à quelques érudits. Beaucoup de questions se posent : la position, les pensées incessantes, le but, qu’est-ce que cela m’apporte.

Pour répondre à toutes ces questions, je vais :

  • vous rappeler la constitution de l’être humain
  • vous exposer la notion de conscience lumineuse
  • vous présenter les différents états de conscience
  • vous expliquer le raisonnement méditatif selon le yoga sutra
  • et vous mentionner les types de méditation et les champs clé de celle-ci.

Pour ma part, pour atteindre un état méditatif et le maintenir, avoir conscience de la constitution de mon corps est une aide et avoir en tête quelques fils conducteur de raisonnement d’élévation de la conscience, à appliquer dans mon quotidien, est un soutien.

 

La constitution de l’être humain :

  • On est constitué d’un corps physique et de cinq sens qui nous mettent en contact avec ce corps.
  • À l’arrière-plan de ce corps physique il y a le corps énergétique, qui est la trame vivante du corps physique. En orient le corps énergétique est une notion claire par ses chakras, nadis, méridiens. On peut percevoir ce corps par exemple en pratiquant le Qi Gong, le yoga ou en ressortant l’énergie lors d’une promenade en forêt.
  • À l’arrière-plan du corps énergétique on a le centre principal de la conscience aujourd’hui, le corps émotionnel. On s’identifie très fortement à ce corps car on s’identifie à ses désirs, à ses peurs, à ses émotions.
  • À l’arrière-plan du corps émotionnel, on a le monde mental qui permet d’être dans le relatif. Le monde émotionnel est le monde absolu. Les enfants sont très identifiés à ce monde car ils vivent à 100% toutes les émotions qui les traversent. Le monde mental est le monde relatif, où tout n’est pas tout blanc ou tout noir. La nature même du corps mental est l’agitation. Le mental ne reste jamais tranquille quelques secondes, il prend un objet, une pensée, puis l’associe à quelque chose puis à autre chose et va faire son film comme on dit et delà on va perdre l’attention.

 

Ce qui m’amène à la 1ère notion de la médiation : l’attention.

Pour maintenir une attention sans faille il faut être en observation de soi-même, être en amont du corps mental. Le mental ne peut pas s’autoréguler, sa nature même est la versatilité. Il faut développer un état où l’on se retrouve au-delà.

Lorsque l’on est en aval du mental c’est lorsque la conscience s’identifie à une émotion, nous sommes dans le processus émotionnel ou lorsque la conscience s’identifie à une pensée, nous sommes alors dans le processus mental. Pour être en amont du mental les traditions ont développé la notion de lumière, notion commune à tous. Je vais utiliser la terminologie employée par Olivier Stetller qui est la conscience lumineuse.

La conscience lumineuse permet donc d’être en amont du mental, c’est ce qui perçoit, c’est au-dessus du mental. Et ce qui perçoit par définition ne peut pas être perçu ; rapport philosophique entre le sujet et l’objet, la conscience lumineuse est donc le sujet ultime.

Cette conscience lumineuse, cet observateur, permet de sortir de l’identification qui empêche tout processus de méditation.

 

L’identification qu’est-ce que c’est ?

L’identification est lorsque l’on s’associe à une pensée, une émotion. Lorsque l’on croit que cette émotion ou cette pensée fait partie de nous. Par exemple si j’ai envie de faire du shopping ou que j’ai faim, et que je ne prends pas de recul sur cette envie, je m’identifie à cette envie et je pense qu’il faut que je mange ou que je m’achète quelque chose.

Or si je ne m’identifie pas à cette envie et que je regarde avec la conscience qui perçoit, que j’observe cette envie avec du recul, je vois la mécanique avec la partie de moi qui exprime l’envie de se faire plaisir ou cette sensation de faim et c’est à ce moment-là, lorsque je peux observer cette mécanique que je gagne un moment de liberté car je ne suis pas dans l’automatisme. Si je suis conscient de ce qui se passe, je peux me dire ok là mon corps a besoin de nourriture, de tel achat matériel sans tomber dans l’achat compulsif ou dans l’alimentation émotionnelle. J’agis en conscience, je mange en conscience et donc je mange ou j’achète uniquement ce dont j’ai besoin, uniquement ce qui me fait plaisir sans tomber dans la complétude d’un manque.

Il est donc important d’avoir cette notion de conscience lumineuse, ce témoin qui reste dans le silence, qui se trouve au-dessus du mental, mental avec sa nature agitée qui cherche à maintenir des points d’appui, qui cherche à maintenir l’identification de la conscience à son propre niveau.

La médiation correspond à un état d’absorption. On peut retrouver cet état lorsque l’on est concentré sur quelque chose, un travail, une activité. Le socle d’un état méditatif est l’attention et la concentration.

 Avant de passer sur : comment arriver à un état méditatif, je vais vous présenter les différents états de conscience.

 

 Les différents états de conscience :

  • La relaxation: détente du corps et de l’esprit. C’est chercher à relâcher les tensions qu’elles soient psychiques et physiques. Se pratique fréquemment allongée.
  • Hypnose: état cérébral, corporel, réceptivité accrue aux suggestions.
  • Méditation: attention consciente. Ne se pratique pas allongée, car il est conseillé d’être aligné énergétiquement entre le ciel et la terre, cela va porter le phénomène de la conscience. De plus la position allongée est proche de l’état du lâcher prise et de la rêverie.

Le Yoga Sutra est un ouvrage qui codifie une pratique du yoga d’une très grande ancienneté. La finalité profonde du yoga est de mettre fin à la souffrance, c’est « le suicide du corps » puisqu’il est question de mettre un terme à l’expérience du corps humain au profit de l’âme ou du moins d’une entité spirituelle. On ne se suicide pas on se « réincarne » dans la transmigration de l’âme, on devient ce que l’on est.

Voici donc quelques fils conducteurs d’un raisonnement pour n’être que ce que l’on est, selon le yoga sutra.

 

Les 5 obstacles producteurs de difficulté à être ce que l’on est :

  • L’ignorance: empêche d’être la conscience qui perçoit, la conscience lumineuse.
  • Sens de la personnalité: ignorant la conscience lumineuse l’individu est dans la conscience du moi avec ses aspirations, ses peurs et ses désirs. Il est dans un système complètement mécanique et identifié. Par conséquent aucune prise de recul.
  • Le désir: créé par l’identification du moi. On a mécaniquement la peur que ce désir ne soit pas satisfait.
  • La haine: attraction/répulsion. Envie de satisfaire le désir et peur que celui-ci ne soit pas satisfait. Création de sentiment tel que le stress, l’angoisse, l’anxiété.
  • L’attachement: besoin de reproduire le désir. Quand est-ce que je vais pouvoir de nouveau satisfaire ce désir ?

 

Les 2 clés fondamentales pour surmonter ces obstacles selon le yoga sutra :

  • Tentative inlassable = Il faut revenir à l’observation, maintenir la conscience dans ce qui perçoit. Maintenir une posture.
  • Le non-attachement = ne pas s’identifier. Il ne faut pas forcément supprimer le désir, mais ce qu’il faut c’est ne pas s’y attacher, garder sa liberté, son libre-arbitre. Sans attachement il n’y a pas de répétition ni de souffrance.

L’élévation de la conscience est un mouvement ascendant. Il faut que ça remonte. Le désir peut se manifester mais si je suis dans le non-attachement je garde ma liberté. Si je le satisfais c’est bien, si ce n’est pas le cas ce n’est pas grave il n’y aura pas de souffrance, j’ai gardé ma liberté d’action.

Et si je me rends compte qu’il y a souffrance cela veut dire que j’ai un vrai désir et qu’il y a de l’attachement. Dans ce cas il faut que je m’interroge :

  • Qui désire en moi ?
  • Pourquoi je désire cela ?
  • D’où ça vient en moi, avec quelle croyance derrière ?
  • Est-ce que cela vient de moi ou on me l’a inculqué ?

Cela permet d’effectuer un travail de discernement, de reprendre le pouvoir de sa conscience.

 

Les 8 moyens de yoga à développer pour mener l’être humain à sa pleine réalisation :

Les commandements: l’innocuité physique : ne pas taper…, émotionnelle : ne pas être en état de tristesse, de mal-être…, mental : ne pas être critique, médisant, jugeant, la vérité, l’abstention de vol, l’incontinence : maîtriser son impulsion sexuelle, son sommeil, son alimentation et l’avarice.

  • Les règles: purification interne et externe : hygiène de vie physique et psychique > méditation, contentement : se satisfaire de ce que l’on a, aspiration ardente : revient à la notion de tentative inlassable, dévotion : mouvement d’élévation, lecture spirituelle : capacité à comprendre la réalité, à découvrir le sens derrière la forme, à voir que derrière telle situation il se passe telle chose.

 

La posture de la méditation :

  • Assis sur une chaise, rétroversion du bassin.
  • Tension vers la lumière: aspiration ardente, dévotion, aspiration centrale.
  • Etat de relâchement: tentative inlassable, non attachement. Détente périphérique avec maintien de la colonne.
  • Régulation du souffle = pranayama : harmonisation de la respiration, elle devient fluide, plus profonde.
  • Le transfert: transférer la conscience du plan mental / émotionnel au plan du sujet qui perçoit > élever la conscience au sujet qui perçoit. Intention d’élever sa conscience.
  • Concentration = attention : présence, je reste attentif à ce qui perçoit. Ne pas s’identifier aux pensées, aux sensations physiques, laisser les idées passer. Rester en observation de ce qui passe.

Par exemple, lorsque vous êtes en terrasse d’un café et que vous voyez des personnes qui passent vous les observer et les laissez passer. Vous ne sautez pas sur chacune d’elle. Le principe est le même avec les sensations, pensées, idées lors d’une médiation. Il faut les laisser passer, ne vous y attachez pas.

  • Méditation : concentration, attention prolongée et soutenue.
  • Contemplation : état méditatif soutenu, où l’on perd complètement la notion du temps. Etat suivante après la méditation.

Il est expliqué ici c’est une posture sans mouvement mais la méditation peut se pratiquer aussi à travers une marche en conscience, du Qi Gong, du Yoga.

 

Il existe deux façons de pratiquer la méditation : avec ou sans objet :

  • Avec objet/avec semence = support de méditation: la flamme d’une bougie ou je me concentre sur ma posture, sur la respiration, sur une émotion : contentement, empathie, amour, émerveillement. Exemple : J’ai besoin de joie, je vais me concentrer sur cette joie, la renforcer.
  • Sans objet/sans semence = sans support de méditation: chercher à être dans un état intuitif. C’est-à-dire que la conscience qui perçoit ne cherche pas à regarder un champ d’expérience qui est plus bas : mental, émotionnel ou physique mais elle chercher à se maintenir sur son propre niveau et de là éventuellement capter des idées, des intuitions.

 

Il y a trois champs clés de la méditation :

  • Aspect autour de la spiritualité : développer un autre niveau de conscience, sortir de la mécanique psychologique.
  • Notion de travail sur soi: on retrouve cela en sophrologie, hypnose, visualisation. On prend conscience de mécanique, on cherche à reprogrammer avec des pensées positives, avec une couleur, en travaillant sur un chakra. C’est un processus où on cherche à améliorer sa personnalité.
  • Notion de la santé: on cherche à faire descendre une énergie pour améliorer le fonctionnement de son corps énergétique. Equilibrer énergie entre tête, poitrine, abdomen par exemple ou agir sur une partie hypo stimulée ou hyper stimulée.

Il est donc très important avant de faire une méditation de savoir ce sur quoi on veut travailler, définir une attention claire.

 

Marion Oddo Energéticienne – Chartres

Source : conférence d’olivier Stettler « l’art de méditer : quelles pratiques correspondent à mes besoins et mes aspirations ».